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Le Pape François et l’Eucharistie

Pape François : par l’Eucharistie, le Christ veut entrer dans notre existence

A l'audience, Place Saint-Pierre, le Pape appelle les chrétiens à mettre leur vie en cohérence avec l’Eucharistie et à y participer avec humilité pour y rencontrer le Christ.


Elisabeth de Baudoüin


12.02.2014

« Ce n’est pas la peine d’aller à la messe (le dimanche et à fortiori davantage) si par ailleurs on dit du mal de son prochain, on n’aide pas celui qui est dans le besoin (quelle que soit la personne ou le besoin) ou si on se sent supérieur aux autres ». Qui peut dire qu’il n’a jamais entendu ce genre de réflexion ?

Réflexion au demeurant bien fondée, comme l’a expliqué le pape François, dans sa catéchèse du mercredi 12 février 2014, consacrée à nouveau à l’Eucharistie : La messe n’est pas quelque chose que nous faisons nous même, c’est vraiment une action du Christ, qui est présent et qui agit. Or toute la vie de ce Christ n’est qu’amour et don total de soi, jusqu’à sa mort sur la croix. Notre participation à la messe ne peut donc se comprendre que si notre vie devient semblable à celle aimante et donnée du Christ.

Sur fond d’interrogations multiples - « 
l’Eucharistie fait-elle grandir ma capacité à me réjouir avec ceux qui se réjouissent et à pleurer avec ceux qui pleurent ? Me pousse-t-elle à aller vers les pauvres, les malades, les marginaux ? M’aide-t-elle à reconnaître en eux le visage de Jésus ?... » -  le Pape a posé en fait trois questions : la messe, en particulier celle du dimanche, change-t-elle quelque chose dans notre relation avec les autres ? Y allons-nous en nous reconnaissant pécheur ? Notre participation à l’Eucharistie nous conduit-elle à la rencontre avec le Christ ? En d’autres termes, le Pape a posé la question du lien entre la messe et la charité du chrétien, son humilité et sa relation personnelle avec le Christ.

A propos de la charité, dont on sait combien elle lui tient à cœur, le Pape s’est montré concret : Comme le Christ qui désignait l’homme blessé au bord de la route à celui qui lui demandait : « Qui est mon prochain ? », il a désigné à la foule les Romains victimes des inondations de ces derniers jours, ou ceux qui sont au chômage à cause de la crise économique mondiale : «
Nous devons les aider et prier pour eux », a-t-il insisté.

Et de bousculer un peu au passage l’assemblée présente Place Saint Pierre : « 
Moi qui vais à la Messe, je m’occupe d’aider (…) ceux qui ont des problèmes ?ou plutôt de commérer : Tu as vu comment un tel ou une telle est habillé ? » (A suivi une mise en garde fraternelle, où François a mis les rieurs de son côté : « Quelque fois, on fait cela, après la messe, non ? Mais il ne faut pas le faire ! » ).

Concernant la seconde question, le Pape n’a pas hésité à affirmer : « 
Si quelqu’un d’entre nous (on remarque au passage que le Pape se place dans le lot commun) ne sent pas le besoin de la miséricorde de Dieu, ne se sent pas pécheur, mieux vaut qu’il n’aille pas à la Messe ». On va à la Messe, non pas parce qu’on est meilleur que les autres, ou que l’on se considère comme tel, mais parce qu’on se reconnait pécheur, qui a besoin d’être accueilli et régénéré par la miséricorde de Dieu, fait chair dans le Christ ; parce qu’on veut recevoir son pardon, a-t-il poursuivi. Et d’ajouter : « Ce « Je confesse à Dieu » que l’on dit au début n’est pas une convention, c’est un vrai acte de contrition. Je suis pécheur et je le confesse : c’est comme ça que la Messe commence ! »

« 
N’oublions jamais que la dernière Cène de Jésus a eu lieu « la nuit même où il fut trahi » (1 Cor, 11 – 23). Dans ce pain et ce vin que nous offrons et autour desquels nous nous réunissons, le don du Corps et du Sang du Christ se renouvelle chaque fois pour la rémission de nos péchés. Nous devons aller à la Messe humblement, comme des pécheurs que le Seigneur réconcilie avec Lui ».
Enfin, remarquant qu’une célébration qui, même si elle est très belle, ne conduit pas à la rencontre avec Jésus, « 
risque de n’apporter aucune nourriture à notre cœur et notre vie », le Pape a rappelé ce désir du Christ : « Entrer dans notre existence et l’imprégner de sa grâce ».

« 
Vivons l’Eucharistie avec un esprit de foi, de prière, de pardon, de pénitence, de joie communautaire, de préoccupation pour les nécessiteux et les besoins de tant de frères et sœurs, dans la certitude que le Seigneur accomplira ce qu’il a promis : la vie éternelle ! » a exhorté le Pape dans sa conclusion.

Une catéchèse qui rappelle que, comme le disait Jeanne d’Arc à propos du Christ et de l’Eglise, la Messe et la vie chrétienne, c’est tout un !

Traduction de Elisabeth de Baudoüin pour Aleteia